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Le Groupe

Imaginez ces quelques musiciens préparant un casse : un clavier, une batterie, une guitare se regroupent en section rythmique. Quelques saxophones pactisent avec une flûte. Un chanteur s’aventure. C’est la genèse d’Organic Groonje & Associés.

De premières réunions sont conduites dans leur QG, un sous-sol du lugubre « Polygone » tout au bout de la presqu’île de Grenoble, déserte à la nuit tombée. Un plan se trame : la disparition d’un public entier lors d’un concert, avec préméditation. Autour de la table, chacun son instrument de travail, chacun ses méthodes. Les discussions s’enflamment : « On devrait les prendre par du Miles Davis ! » s’exclament certains. « Pourquoi pas du Bird plutôt ? » objecte-t-on. La Polémique est lancée : qui, de Hancock ou de Debussy, est le plus Funky ? Quelques noms sont récurrents : Hocus Pocus, Kenny Garrett, Mickael Jackson, Electro Deluxe et les tout jeunes Snarky Puppy, tandis que l’on se plaint de ne pas miser plus sur Symphony X, Robert Glasper ou les Beegees. Ceux-là arrivaient à braquer des salles immenses. Comment ? En emmenant leur public ailleurs. Mais où ? Autre part.

Les négociations durent. On décortique, on cherche à copier, à s’approprier ces artistes mis sur la table. Il est déduit que l’on ne peut pas en choisir un seul. Chaque style a ses atouts, le plus grand restant la surprise. Il faut les surprendre, même l’auditeur le plus averti... « Créons un nouveau monde, dans lequel toutes ces influences vivront ! ». Le Sax Alto marque un point.

Le clavier entreprend la composition du nouveau set. Il dispose rapidement du soutien de tous les associés. Le plan est prometteur, mais la tâche est d’ampleur. Ils ont besoin de renfort. Trois spécialistes viennent affirmer les couleurs du tour : une voix, une basse, et un BeatBoxeur confirmé, lâchant du scratch ici et là.

Le travail est sans relâche. Ils pétrissent, malaxent, mélangent, séparent, distillent, soudent, forgent, les mains noires de notes et les épaules chargées de pattern. On voit poindre un résultat à l’horizon. De tous leurs héritages émerge leur propre son. Cet artisanat musical produit de la Hand Made Music. C’est leur côté Organic. Les matières premières ont été soigneusement sélectionnées, les musiciens nourris aux styles biologiquement approuvés : il en sort une musique proche de son temps, à la fois familière et innovante qui tend une main pour nous emmener plus loin. Elle se rapproche de chaque oreille, distraite ou attentive, discrète ou critique.

Par une fenêtre poussiéreuse, on aurait pu les apercevoir mélangeant Jazz, Hip Hop, Blues et Soul, pour en extraire quelques élixirs. Le dosage est subtil. On veille tout d’abord à garder une liberté d’expression et d’interprétation dans l’ouverture harmonique. Un solo dans chaque morceau laissera au public une chance de dialoguer avec chaque musicien, et à chaque musicien la chance de faire visiter l’une de ces improbables ruelles, à photographier discrètement. Ensuite, pour veiller à rester grouper dans ce vaste univers, les itinéraires sont cohérents et donnent à chaque morceau une unité plaisante. Enfin, gâter ce public d’histoires, de mots et de notes, de rires et de pleurs. L’assistance les assiste. Elle apporte tant d’énergie et participe instinctivement à ce voyage unique.

Ce mode opératoire aux dosages précis est un nouveau style. Le Groonje est né.

On raconte que les Associés de l’Organic Groonje peaufinent à présent leur plan dans les cités de la banlieue sud de Grenoble... Dans leur nouveau repaire, on peut entrevoir ce mystérieux Groonje ; un plan qui emmène le public dans un univers Organic bâti avec soin, un plan qui réussirait le Hold Up parfait...

En cherchant bien, vous aurez peut-être la chance qu’ils vous racontent une histoire, à vous aussi...